Interview du collectif Play
Par littlewings, mercredi 9 janvier 2008 à 18:13 :: Motion Design :: #98 :: rss
« Play » est un collectif d’artistes composé de 6 graphistes de talent. Leur domaine de prédilection : le VJaying, qui consiste à mixer de la vidéo en live durant un concert, une prestation de DJ ou autre manifestation artistique.
Melka, Bastardgraphics, Elr°y, Le Neopen, Pierre Vanni et Ease présentent leur discipline aux Tanukis.

credit photo : Moltisanti
Comment vous êtes-vous rencontré ?
Bastard : Par l'intermédiaire d'internet essentiellement. Je connais ease et melka depuis plusieurs années maintenant, on se voyait assez régulièrement soit pour parler boulot soit pour faire la fête et raconter des bêtises. J'ai connu elr°y, Nico (Neopen) et Pierre par Myspace, j'ai d'abord apprécié leur travail puis on a très vite sympathisé.Quels sont vos formations initiales ?
Bastard : J'ai essentiellement appris en autodidacte, puis j'ai fait divers formations en pao/web ainsi qu'une année en arts appliqués. Dans PLAY, c'est 50% d'autodidactes ou presque, et 50% de mecs qui ont fait des études.Melka : Après, il faut dire que ce qui importe (attention, lieu commun), c’est pas les études mais vraiment le “talent”. On a un très bon pote a nous (5ive, Fabrice Bats) qui n’a fait aucune étude, mais tu vois une de ses illustrations ou ses séries de photos, tu peux juste pas test...
Quand et comment avez-vous découvert le VJaying ?
Bastard : En février 2007 j'avais été contacté par Pierre-Marie Oullion d'Arty Farty, l'association qui organise les Nuits Sonores à Lyon. Il m'a proposé de faire un set vidéo d'une heure ou deux au départ, puis finalement de constituer une petite équipe pour tenir toute une nuit. On était très peu dans le lot à avoir déjà fait de la vidéo, encore moins du veejaying. Ça a été une nouvelle expérience commune qui s'est très bien déroulée puisque « Bastardgraphics & Friends » est devenu PLAY après les Nuits Sonores, en juin.Melka : A la base, on était pas très chaud pour faire du VJing avec ease, étant donné les a-priori qu’on avait. Mais bon, on s’est lancé, on a investi, et on regrette vraiment pas. Le meilleur moyen de faire changer un truc, c’est de le faire soi-même.
D’après vous, peut-on vivre du VJaying ?
Bastard : On peut en vivre oui, mais peut être pas aussi bien qu'en étant graphiste ou motion designer. Tout dépend des cachets, des lieux où tu joues, de ta notoriété... A vrai dire nous faisons plus des « lives vidéo » que du veejaying puisque nous ne samplons rien. Nous créons nous-même nos boucles et vidéos. Cela représente un gros investissement en terme de temps de travail. C'est lucratif mais à long terme finalement. Pour l'instant on favorise surtout les rencontres et les expériences que jouer nous apporte.Melka : C’est compliqué de vivre du VJing. Pour s’en sortir, il faudrait faire entre 2 et 3 dates par semaines. Sachant qu’une soirée oscille entre 3 et 8 heures de live, sans compter éventuellement les trajets train/avion/... En bref, ça devient une vie de fou. En tout cas dans notre optique, ou il faut quand même avoir le temps de créer. On mix pas des samples de bollywood, quoi.

Quelles sont vos références artistiques ?
Bastard : De mon coté c'est le design des sixties, la science-fiction, le op'art et le pop-art, l'architecture, le design objet, la nature, la musique... Mes références ne sont pas uniquement liées au design graphique. J'ai bien sur des designers de prédilection tels que Peter Farrow, Geoff McFetridge, Sanderson Bob ou bien des studios que j'apprécie tels que Big Active ou Airside. Mais dans l'ensemble je pioche un petit peu de partout.Melka : Je ne peux qu’apprécier le boulot de graphistes comme Si Scott ou Grotesk mais je préfère éviter d’avoir des références vraiment artistiques, c’est un coup a refaire la même chose qu’un autre. On n’invente jamais rien, certes, mais en lisant science&vie et hackedgadgets.com plutôt qu’étapes et cpluv, j’acquiers vachement plus de matière a transformer. You see ? Mais ma vraie référence restera Frutiger forever.
Pouvez-vous nous décrire votre processus de travail ?
Bastard : Il est le même que pour de la réalisation print ou web, c'est seulement le médium qui change. On part donc d'une idée ou d'un concept, on fait eventuellement un story-board et on passe à la concrétisation. Cela prend plusieurs formes : des boucles très courtes faites sous after effects ou sur flash, des animations plus complexes sur after effects, ou des sortes de mini courts-métrages filmés + after effects.Melka : Perso j’y vais plus à l’instinct en général. Je tripote les boutons, et quand je commence a avoir un principe cool, je décline comme je peux. Avec BG et ease, on est plus dans le sample super court, a jouer dans le beat, bien club. On a en general pas besoin de gros storyboarding, post-prod, etc... Mais pour certains travaux, on a besoin de passer par une phase de conception assez longue, mais ultra intéressante.

Quel matériel utilisez-vous lors de vos sets ?
Bastard : On utilise soit un soit deux pc branchés sur un mixeur vidéo. Nous avons des contrôleurs midi pour lancer nos vidéos et régler leur vitesse, appliquer des effets etc... On installe également une caméra sur scène dans le cas où l'on souhaite faire de la captation.Melka : Après ya 1000 setups différents. Pour le côté technique, on utilise des Macbook qui font tourner Resolume, le tout branché sur une Edirol V4. Nos contrôleurs sont des Behringer BCF-2000 et des Korg PadKontrol. Mais le plus important, ça reste la banque de vidéos ^^

Quel est le rôle de chacun de vous dans la réalisation et la diffusion de vos productions ?
Bastard : On travaille chacun sur ses vidéos ou parfois en petites équipes de 2 ou 3, selon les idées et les envies. Ensuite c'est variable selon les lives. On mixe parfois uniquement ses vidéos ou parfois celle des autres. C'est une question de feeling en général, ça se passe naturellement.Melka : Ce qu’il ya de cool, c’est quand dans le cas de gros évènements comme Marsatac ou l’on doit jouer sur plusieurs artistes, étant donné qu’on est 6, on peut se partager les lives en fonction des affinités musicales de chacun.
Les mix vidéo que vous diffusez comprennent des animations travaillées à la main par vos soins, et des vidéos : quelle est la part que vous accordez à ces deux supports ?
Bastard : Il me semble qu'on ne se pose pas trop la question. Tout dépend de l'idée de départ. On filme, on fait des animations vectorielles, de la 3D, de l'after effects... C'est variable donc.Melka : Ça dépends aussi du style qu’on veut donner. Si on doit jouer sur du Guetta (j’espère pas), tu penses bien qu’on va pas aller faire de la grosse 3D ou un court-métrage, on va rester dans du gros boum boum efficace. Par contre, sur des gars comme NIL, on va plus avoir tendance a vouloir construire un univers, une ambiance, et là on aura peut-être besoin de passer par des maquettes filmées avec de la post-prod derrière.
Sur quel type de manifestation préférez-vous travailler ?
Bastard : Nous avons pour l'instant travaillé en majorité pour des soirées ou concerts. C'est un véritable plaisir puisqu'on mixe sur des artistes qui nous plaisent. Cela nous permet aussi de les rencontrer et parfois de rester en contact. Nous souhaitons cependant également participer à des manifestations d'ordre culturel ou artistique, telles que des expositions, biennales, inaugurations etc... Nous y réfléchissons.Melka : C’est vrai qu’on essaye de sortir de la simple vidéo-projection sur un écran, aussi grand soit-il. On réfléchi a des structures différentes, des approches différentes aussi (interactivité avec le public, etc...) mais pour ma part, ce qui m’intéresse le plus reste de donner un gros show à la Johnny au Stade de France (rires).
Un style musical de prédilection ?
Bastard : J'écoute de tout mais la musique électronique reste le style qui me parle le plus, et celui sur lequel je prends le plus de plaisir à jouer.Melka : grave
Et à part du VJaying, qu’est-ce que vous faites dans la vie ?
Bastard : Graphiste/Directeur Artistique Freelance, en print ainsi qu'en web. Je travaille, j'achete des livres, des disques, je marche dans la rue et j'adore aller au restaurant.Melka : Les 3 éléphants, rue Tiquetonne, particulièrement. Puis on s’amuse aussi, beaucoup.
Quelles sont vos ambitions pour le futur ?
Bastard : Continuer à travailler, devenir meilleur à Mario Kart, (il soupire) perdre du poids.Melka : Faire la scénographie du comeback de Stephane Eicher à l’Olympia. Avec un chien, peut-être...
Que pensez-vous de Nana Mouskouri ?
Bastard : Ma foi elle n'est pas aussi pénible que Chantal Goya mais elle a un coté « Michel Drucker » vraiment pas très attirant. Je ne sais pas qui je préfère entre elle et Mireille Matthieu ceci dit. Il faudrait demander à un type comme Jean-Pierre Foucault qui saurait nous dire qui les Français préfèrent.Melka : Sa coupe fait très 80’s revival, et ça me plait. Mais pas sur elle.
Autre chose ?
Bastard : J'aime beaucoup les frites.Melka : Bisous les foufinous.

credit photo : Moltisanti
Plus d'infos sur les sites suivants :
www.play-collective.netwww.myspace.com/play_collective
http://www.youtube.com/playcollective
Commentaires
1. Le jeudi 10 janvier 2008 à 00:27, par Flo
2. Le dimanche 10 février 2008 à 19:10, par dro
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